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Chine, le débat tourne en faveur de la Blockchain au congrès annuel des deux assemblées

Chine, le débat tourne en faveur de la Blockchain au congrès annuel des deux assemblées
Appelé rassemblement du Liang Hui c’est à dire “les deux assemblées”, l'événement débuté le 3 mars dernier à Pékin et prévu se tenir sur entre 10 et 14 jours est un rendez-vous majeur dans les politiques d’actions gouvernementales chinoises.

En effet, si la grande messe annuelle du Congrès National du Parti Communiste chinois a pour but d’installer et affermir des hommes de pouvoir aux postes de responsabilités, le congrès des deux assemblées fait remonter les aspirations du peuple et détermine l’orientation des politiques à mener. Alors même que le Liang Hui 2018  n’est qu’à ses débuts, les congressistes ont tôt fait d’aborder un sujet sensible, celui de l’avenir de la Blockchain en Chine.

Alors que la Chine a purement interdit les ICOs et s’est globalement montrée crypto-sceptique, surprise, ce n’est pas l’omerta attendue qui a eu lieu au Liang Hui. Les ambitions de l’empire du milieu pour la Blockchain pourraient être à la hauteur de ses visées hégémoniques dans le monde.

https://www.youtube.com/watch?v=NvD4n8qbw90

Le débat eut lieu


Le Congrès National du Peuple (NPC) chinois et l’Assemblée Consultative Politique du Peuple Chinois (CPPCC) sont ces deux assemblées que réunit la messe politique du Liang Hui.

Le premier organe est l’équivalent  du parlement ou de la chambre américaine des représentants, c’est la plus puissante institution de l’Etat selon la constitution. Le second organisme est un puissant organe consultatif composé d’artistes, d’hommes d’affaires, de sportifs, de citoyens non encartés au parti communiste...etc.

Les propositions les plus ambitieuses lors des échanges relatifs à la technologie de la Blockchain sont certainement celles de Wang Pengjie, un membre du CPPCC et aussi du parti minoritaire Zhi Gong. Dans sa longue intervention, il a reconnu les intérêts économiques des cryptomonnaies et fait un parallèle entre “le Bitcoin, l’Ether et le Litecoin dont les market cap combinés ont dépassés celui de Tencent le plus grand fournisseur d’accès internet chinois”. Il faudrait selon Mr Pengjie que l’Etat légifère à propos du statut des monnaies virtuelles et que la Banque centrale et la commission de régulation des marchés, le CSRC, mettent à disposition des entreprises, un canal pour la levée de capitaux. Il a également proposé une Blockchain basée sur un système désanonymé.

Pour Pony Ma le PDG de Tencent, “l'invention de la Blockchain est une excellente chose”, et sa firme “explore activement les différentes applications possibles de la Blockchain mais [..]” n’a pas l’intention de lancer sa propre monnaie.


Des assurances aux impôts


Les exhortations à l’innovation et à l’intégration de la Blockchain dans la vie des chinois se sont multipliées.

Le membre Zhou Yanli du CPPCC, un ancien cadre de la commission de régulation des assurances, a manifesté sa foi en un système chinois d’assurance efficace, soutenu par la Blockchain. Dix compagnies d'assurances chinoises avaient annoncé d’ailleurs en Avril 2017 avoir conduit avec succès un système expérimental basé sur la Blockchain.

Si beaucoup d’intervenants se sont favorablement prononcés sur la question de l’avenir de la Blockchain en Chine, à l’instar du maire de Hangzhou, la ville connue pour abriter le siège du géant Alibaba  et qui a dit vouloir en faire une de ses priorités, ou cet autre membre du CPPCC qui a proposé un système de collecte des impôts basées sur la Blockchain, il reste que quelques voix se sont aussi élevé pour mettre le holà.

L’empire craint toujours


Pour beaucoup, il est bien difficile de dissocier la technologie de la Blockchain des cryptomonnaies. Il est plus encore difficile en Chine de concevoir l’idée d’organismes décentralisés, c’est du moins ce qu’il est ressorti des interventions de  Zhou Hongyi, et Ding Lei.

Le premier, dirigeant de la société de sécurité informatique Qihoo 360, a jugé que le Bitcoin était la seule application possible de la blockchain, et que les “nombreux piratages des plateformes d’échange et de portefeuilles sont la preuve que la sécurité de cette technologie reste à améliorer”. Il est en outre revenu sur la possibilité pour “quelqu’un” détenant 51% de la puissance de calcul de la Blockchain d’en prendre le contrôle.

Pour le second, président de la firme NetEase, le pouvoir technologique prêté à la Blockchain ne serait que pure spéculation.

Toutes ces idées échangées lors de ces premières journées du congrès des deux assemblées, vont à coup sûr donner les coudées franches à l’exécutif chinois pour définitivement préciser sa position vis à vis des cryptomonnaies et aussi de la technologie la supportant, la Blockchain.

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