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La tech perd plus de 6% : Intel et AMD plongent après un rapport sur l'emploi robuste

SPY editorial cover (stocks)

Un rapport sur l'emploi dévastateur pour la tech

Le vendredi 5 juin 2026 restera une date noire pour les investisseurs en valeurs technologiques. Le rapport sur l'emploi de mai, publié ce jour-là, a révélé une création de 172 000 emplois non agricoles, soit près du double des estimations du consensus, tandis que le taux de chômage se maintenait à 4,3%. Ces chiffres ont immédiatement relancé les craintes d'une Réserve fédérale contrainte de maintenir des taux d'intérêt élevés plus longtemps que prévu, voire de les relever. La réaction des marchés a été immédiate et brutale.

Le S&P 500, mesuré via le SPY, a reculé de 2,58% à 737,55 dollars, mettant fin à une série de neuf semaines consécutives de gains. Le Nasdaq Composite a, quant à lui, plongé de 4,2%, reflétant la concentration de la douleur sur les valeurs de croissance. Ce sont précisément ces titres, dont les valorisations reposent sur des bénéfices futurs actualisés, qui souffrent le plus quand les taux montent. Une seule publication macroéconomique a suffi à effacer des semaines de gains en quelques heures.

Intel, AMD et les semiconducteurs au cœur de la tempête

Parmi les grandes capitalisations, Intel (INTC) a subi la correction la plus sévère, abandonnant 11,28% en séance. AMD n'a pas été épargné non plus, avec un repli de 10,86%. Ces deux géants des semiconducteurs ont entraîné dans leur chute l'ensemble du secteur. Oracle (ORCL) a cédé 9,59%, Broadcom (AVGO) 7,92% et Tesla (TSLA) 6,56%.

La faiblesse de Broadcom mérite une attention particulière. Malgré des résultats globaux solides, la société avait fourni des prévisions de revenus liés aux puces d'intelligence artificielle inférieures aux attentes du marché. Cette déception a agi comme un accélérateur, amplifiant la pression vendeuse sur l'ensemble de la filière des semiconducteurs et des entreprises exposées à l'IA. Dans ce contexte, Intel et AMD, déjà vulnérables à la remontée des taux, ont subi de plein fouet la combinaison d'un environnement de taux défavorable et d'une inquiétude sectorielle spécifique à l'IA.

Le secteur technologique global sous pression : une rotation sectorielle nette

Le Technology Select Sector SPDR Fund (XLK) a clôturé en baisse de 6,66% à 180,30 dollars, illustrant l'ampleur de la déroute sectorielle. En comparaison, d'autres secteurs ont bien mieux résisté : la santé via XLV a progressé de 0,61% et les financières via XLF de 0,21%. L'énergie, représentée par XLE, a limité ses pertes à 1,84%, tandis que la consommation discrétionnaire (XLY) et les industrielles (XLI) ont reculé respectivement de 2,05% et 1,12%.

Ce mouvement illustre une logique de marché bien connue : quand les taux montent, les investisseurs arbitrent en faveur des secteurs à revenus stables et prévisibles, au détriment des valeurs de croissance à duration longue. Les secteurs défensifs comme la santé et les financières bénéficient directement de la remontée des rendements, tandis que la tech paie le prix de ses valorisations élevées. La rotation sectorielle a été nette et rapide, confirmant que les marchés réévaluent en profondeur leurs anticipations sur la politique monétaire de la Fed. Pour mieux comprendre les dynamiques du marché technologique sur le long terme, il est utile de suivre l'évolution du Nasdaq 100, qui concentre les plus grandes valeurs de croissance américaines.

Obligations et cryptomonnaies : la contagion s'étend

La réévaluation des anticipations de taux ne s'est pas limitée aux actions. Le rendement des obligations du Trésor américain à 10 ans a bondi à 4,54%, tandis que le taux à 2 ans atteignait 4,16%, son niveau le plus élevé depuis février 2025. Cette configuration traduit un marché qui intègre désormais l'hypothèse d'une Fed durablement restrictive, voire prête à relever ses taux si les données d'inflation le justifient.

Les cryptomonnaies n'ont pas échappé à la vague vendeuse : le Bitcoin a perdu plus de 5%, tombant sous le seuil psychologique des 60 000 dollars. L'actif numérique, souvent perçu comme un actif à risque sensible aux conditions de liquidité, a réagi de façon cohérente avec les autres classes d'actifs à duration longue. Par ailleurs, des tensions géopolitiques ont ajouté une couche d'incertitude, les prix du pétrole progressant suite à des frappes aériennes israéliennes ciblant l'Iran, renforçant les inquiétudes inflationnistes et compliquant davantage la tâche de la Réserve fédérale.

Mike O'Rourke, stratégiste en chef de marché chez JonesTrading, a commenté ce contexte en soulignant le caractère exceptionnel de la combinaison de facteurs à l'œuvre : un marché de l'emploi robuste, des valorisations technologiques tendues, et des incertitudes géopolitiques qui s'ajoutent aux pressions inflationnistes. Dans ce type d'environnement, les valeurs les plus chèrement valorisées deviennent les plus vulnérables, et la tech en a payé le prix fort : Intel et AMD ont respectivement abandonné 11,28% et 10,86% en une seule séance.

FAQ

De combien Intel (INTC) a-t-il chuté le 5 juin 2026 ?

Intel (INTC) a reculé de 11,28% lors de la séance du 5 juin 2026, devenant ainsi la plus forte baisse parmi les grandes capitalisations technologiques ce jour-là.

Pourquoi le secteur technologique a-t-il autant souffert après le rapport sur l'emploi de mai 2026 ?

Le rapport sur l'emploi de mai 2026 a montré la création de 172 000 emplois non agricoles, soit près du double des attentes. Ces chiffres ont ravivé les craintes d'un maintien des taux d'intérêt élevés par la Réserve fédérale, pénalisant en priorité les valeurs de croissance à valorisations élevées comme la tech. Le Technology Select Sector SPDR Fund (XLK) a ainsi abandonné 6,66%.

Quels secteurs ont résisté lors de la baisse du 5 juin 2026 ?

La santé (XLV) a progressé de 0,61% et les financières (XLF) de 0,21%, tandis que les industrielles (XLI) n'ont cédé que 1,12%. En revanche, la tech (XLK) a plongé de 6,66%, illustrant une rotation sectorielle marquée vers les secteurs défensifs.

AMD a-t-il autant chuté qu'Intel lors de cette séance ?

AMD a reculé de 10,86%, légèrement moins qu'Intel (-11,28%), mais les deux semiconducteurs figurent parmi les plus fortes baisses de la journée. Oracle (ORCL) a également perdu 9,59% et Broadcom (AVGO) 7,92%.

Le S&P 500 avait-il connu une longue série de hausse avant cette correction du 5 juin 2026 ?

Oui, le S&P 500 (SPY) avait enregistré neuf semaines consécutives de gains avant la séance du 5 juin 2026. La publication du rapport sur l'emploi de mai, avec 172 000 créations de postes non agricoles, a mis fin à cette série en provoquant un recul de 2,58% à 737,55 dollars.

Pour plus de contexte sur les grandes valeurs technologiques américaines, consultez notre analyse du Nasdaq 100.

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