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L'or s'effondre : la Fed et l'accord US-Iran reconfigurent le refuge ultime

GOLD editorial cover (commodities)

Le marché de l'or est en pleine reconfiguration. Le métal jaune, traditionnellement considéré comme une valeur refuge par excellence, a vu son prix chuter de manière notable ces dernières 24 à 48 heures, prolongeant une tendance baissière qui s'est installée depuis trois semaines. Ce vendredi 20 juin 2026, le prix spot de l'or sur le marché international s'établissait à 4 154,7 dollars l'once, marquant une diminution de 53,7 dollars, soit une baisse de 1,28 % par rapport au début de la session. Cette dépréciation est le résultat direct de deux catalyseurs majeurs qui ont simultanément frappé les marchés : une Réserve fédérale américaine adoptant une position plus restrictive et un apaisement significatif des tensions géopolitiques.

La Fed serre la vis : un vent contraire pour l'or

Le premier facteur déterminant est la posture résolument plus "hawkish" de la Réserve fédérale américaine. Plus tôt cette semaine, sous la direction de son nouveau président, Kevin Warsh, la Fed a maintenu ses taux d'intérêt inchangés. Cependant, le message qui a suivi a été sans équivoque : la banque centrale a signalé la possibilité de futures hausses de taux et a repoussé les attentes de réductions de taux à 2027. Cette orientation a eu des répercussions immédiates sur le marché des devises et des obligations.

Un dollar américain plus fort est une mauvaise nouvelle pour l'or. Le métal précieux étant libellé en dollars, un renforcement de la monnaie américaine le rend intrinsèquement plus cher pour les détenteurs d'autres devises, ce qui tend à réduire la demande. Parallèlement, la perspective de rendements obligataires américains plus élevés augmente le coût d'opportunité de la détention d'or, un actif qui ne génère pas de rendement. Les investisseurs sont incités à se tourner vers des placements offrant une rémunération, délaissant ainsi l'or.

L'accord US-Iran : la paix qui déstabilise le refuge

Le second catalyseur majeur est d'ordre géopolitique. Le 19 juin 2026, la signature formelle d'un accord intérimaire entre les États-Unis et l'Iran, connu sous le nom de Mémorandum d'entente d'Islamabad (Islamabad MoU), en Suisse, a considérablement réduit la prime de risque géopolitique sur les marchés. Cet accord historique prévoit la reprise des exportations de pétrole iranien et la réouverture du détroit d'Ormuz, des éléments cruciaux pour la stabilité de l'approvisionnement énergétique mondial.

L'apaisement de ces tensions a eu un double effet. D'une part, il a diminué la demande d'actifs refuges, dont l'or est le principal représentant. En période d'incertitude et de conflit, les investisseurs se ruent vers l'or pour protéger leur capital. La dissipation de ces craintes réduit naturellement cet élan. D'autre part, l'accord a considérablement atténué les craintes d'inflation alimentée par l'énergie. Suite à cette entente, le pétrole brut WTI a chuté de plus de 5 % pour s'établir autour de 80 dollars le baril le 15 juin 2026. Cette baisse des prix de l'énergie contribue à réduire les pressions inflationnistes, un autre facteur qui, historiquement, a soutenu le prix de l'or. Pour une analyse plus approfondie de l'impact sur le marché pétrolier, vous pouvez consulter notre article sur Le pétrole WTI chute de 4,5 % : l'accord de paix américano-iranien rebat les cartes de l'offre mondiale.

Les analystes revoient leurs copies

La réaction des grandes institutions financières ne s'est pas fait attendre. Goldman Sachs, le 19 juin 2026, a abaissé sa prévision de prix de l'or pour la fin de l'année, la ramenant de 5 400 dollars à 4 900 dollars l'once. Cette révision est justifiée par des sorties institutionnelles à court terme et des attentes de taux d'intérêt changeantes. Les analystes en matières premières de Goldman Sachs, Lina Thomas et Daan Struyven, ont toutefois précisé que leurs perspectives restent "structurellement constructives mais tactiquement prudentes", suggérant un risque de baisse immédiat avant un potentiel de hausse à moyen terme.

Un sondage de Kitco News, réalisé ce 20 juin 2026, confirme le sentiment baissier à court terme parmi les experts de Wall Street, avec 70 % d'entre eux prévoyant une poursuite de la baisse du prix de l'or la semaine prochaine. Cependant, d'autres institutions maintiennent une vision plus optimiste à long terme. Barclays, dans une note de recherche publiée le 16 juin 2026, a maintenu ses prévisions de prix de l'or pour 2026 et 2027 à 4 791 dollars et 4 900 dollars l'once, respectivement. La banque estime que les moteurs structurels se réaffirmeront à mesure que le stress géopolitique se dissipera.

Tableau de bord des matières premières : un aperçu rapide

Pour mieux comprendre l'environnement actuel des matières premières, voici un aperçu des mouvements récents et de leurs principaux moteurs :

Actif Prix (USD) Variation (%) Principal moteur Niveau de risque
Or 4 154,7 -1,28 % Fed hawkish, apaisement géopolitique Modéré à Élevé (risque de baisse)
Pétrole brut WTI 84,65 -4,48 % Accord US-Iran, augmentation de l'offre Modéré (volatilité)
Cuivre 13 483,75 +4,60 % Apaisement géopolitique, demande industrielle Modéré (potentiel de hausse)

Le contre-argument : une résilience structurelle à ne pas sous-estimer

Malgré la pression baissière récente, il est crucial de ne pas ignorer les arguments en faveur d'une résilience de l'or à moyen et long terme. Comme l'ont souligné Lina Thomas et Daan Struyven de Goldman Sachs, leur vision reste "structurellement constructive". Leur objectif révisé de 4 900 dollars pour la fin de l'année projette toujours une augmentation notable par rapport aux prix spot actuels. De même, Barclays maintient ses perspectives haussières à long terme, anticipant que l'or atteindra près de 4 800 dollars en 2026 et 4 900 dollars en 2027.

Ces prévisions s'appuient sur l'idée que des moteurs structurels, tels que l'inflation persistante, l'incertitude des politiques monétaires à plus long terme et la demande continue des banques centrales, devraient se réaffirmer. Les banques centrales, en particulier, ont été des acheteurs nets d'or ces dernières années, cherchant à diversifier leurs réserves et à se prémunir contre l'instabilité économique mondiale. Cette demande institutionnelle continue de fournir un soutien sous-jacent au marché de l'or. De plus, les acheteurs physiques à long terme seraient en train d'augmenter leurs offres à des niveaux de support technique clés, signalant une confiance dans la valeur intrinsèque du métal.

L'apaisement des tensions géopolitiques, bien que négatif pour l'or à court terme en tant que valeur refuge, pourrait paradoxalement stimuler d'autres secteurs de l'économie mondiale. La reprise des échanges et la diminution des incertitudes pourraient favoriser la croissance économique, ce qui, à terme, pourrait soutenir la demande de certains produits de luxe ou d'investissement, y compris l'or. La paix américano-iranienne, par exemple, a déjà eu un impact positif sur les métaux industriels, comme en témoigne la flambée du cuivre. Pour en savoir plus, lisez notre article sur Le cuivre flambe à 13 864 dollars la tonne : la paix américano-iranienne relance les métaux industriels.

Perspectives et points de vigilance

Pour les investisseurs, la situation actuelle de l'or présente un tableau nuancé. À court terme, la pression exercée par la Fed et l'apaisement géopolitique pourrait maintenir le métal jaune sous les 4 150 dollars l'once. La prudence tactique suggérée par Goldman Sachs est de mise. Cependant, les perspectives à moyen et long terme semblent plus favorables, avec des analystes comme Barclays et même Goldman Sachs anticipant une remontée des prix à mesure que les facteurs structurels reprennent le dessus.

Les points à surveiller incluent les prochaines déclarations de la Réserve fédérale, les données sur l'inflation mondiale et tout nouveau développement géopolitique. Une résurgence des tensions ou une inflation plus persistante que prévu pourrait rapidement relancer l'attrait de l'or. Inversement, une politique monétaire encore plus restrictive ou une croissance économique mondiale robuste et stable pourrait continuer à peser sur le métal.

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En somme, l'or traverse une période de correction significative, dictée par des forces macroéconomiques et géopolitiques puissantes. Si le court terme semble baissier, les fondamentaux à long terme suggèrent que le statut de valeur refuge de l'or n'est pas remis en question, mais plutôt réévalué à la lumière d'un paysage mondial en mutation.

FAQ : Questions fréquentes sur l'or et le marché actuel

Pourquoi le prix de l'or chute-t-il aujourd'hui ? Le prix de l'or chute ce 20 juin 2026 principalement en raison de deux facteurs : une Réserve fédérale américaine plus "hawkish" sous la direction de Kevin Warsh, signalant des hausses de taux futures et retardant les baisses, ce qui renforce le dollar et les rendements obligataires. Le second facteur est l'apaisement des tensions géopolitiques suite à la signature de l'accord intérimaire américano-iranien, réduisant la demande d'actifs refuges.

Quel rôle joue l'accord américano-iranien sur le marché de l'or ? L'accord intérimaire américano-iranien, signé le 19 juin 2026, a eu un impact significatif. En prévoyant la reprise des exportations de pétrole iranien et la réouverture du détroit d'Ormuz, il a apaisé les craintes géopolitiques et les pressions inflationnistes liées à l'énergie. Cela a réduit la demande d'or en tant que valeur refuge et a contribué à la baisse des prix du pétrole, diminuant ainsi l'attrait de l'or comme protection contre l'inflation.

Les analystes s'attendent-ils à ce que le prix de l'or continue de baisser à long terme ? Non, pas nécessairement. Bien que des institutions comme Goldman Sachs aient abaissé leurs prévisions de fin d'année et que 70 % des experts de Wall Street anticipent une baisse à court terme, de nombreux analystes, y compris ceux de Goldman Sachs (Lina Thomas et Daan Struyven) et Barclays, maintiennent une perspective "structurellement constructive" à moyen et long terme. Ils estiment que des moteurs fondamentaux comme l'inflation persistante, l'incertitude politique et la demande des banques centrales finiront par soutenir les prix de l'or, avec des objectifs pour 2026 et 2027 toujours supérieurs aux niveaux actuels.

Comment les taux d'intérêt affectent-ils le prix de l'or ? Les taux d'intérêt ont une relation inverse avec le prix de l'or. Lorsque la Réserve fédérale signale des hausses de taux ou retarde les baisses, cela rend les actifs rémunérateurs comme les obligations plus attrayants. L'or, qui ne génère pas de rendement, devient moins compétitif. Un dollar plus fort, souvent une conséquence de taux d'intérêts plus élevés, rend également l'or plus cher pour les acheteurs internationaux, ce qui tend à réduire la demande et à faire baisser son prix.

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