EUR/USD franchit 1,15 : une faiblesse du dollar propulse la paire malgré des fondamentaux européens mitigés
Résumé visible : Le taux EUR/USD a progressé de 0,44 % pour atteindre 1,1535 le 3 août 2026, porté par une baisse du dollar après la décision de la Fed de maintenir ses taux inchangés. Malgré une croissance européenne modeste et une inflation stable, l’euro profite d’une dynamique favorable liée à la dépréciation du billet vert, dans un contexte géopolitique et macroéconomique complexe.
Un recul du dollar après la réunion de la Fed stimule l’EUR/USD
La progression récente de l’EUR/USD s’explique principalement par un affaiblissement du dollar américain, survenu après la réunion du Federal Open Market Committee (FOMC) le 29 juillet 2026. La Fed a décidé de maintenir sa fourchette cible des taux fédéraux entre 3,5 % et 3,75 %, malgré trois membres favorables à une hausse de 0,25 point. Ce statu quo a surpris les marchés, qui ont révisé à la baisse leurs anticipations de resserrement monétaire.
Cette décision a entraîné une chute des taux réels américains, c’est-à-dire ajustés de l’inflation, ce qui a pesé sur le dollar. Dans ce contexte, l’EUR/USD a franchi la barre symbolique des 1,15, atteignant 1,1535 le 3 août, soit une hausse de 0,44 % par rapport à la clôture du 31 juillet.
Dans une note datée du 2 août, Danske Bank a souligné que « le principal moteur de la hausse de l’EUR/USD au-dessus de 1,15 a été la baisse post-FOMC des taux réels américains ». Coral Markets a également insisté sur le fait que « la force de l’EUR/USD est menée par la faiblesse du dollar, et non par la vigueur de l’euro ».
Des fondamentaux européens solides mais sans éclat
Du côté de la zone euro, les indicateurs macroéconomiques publiés récemment présentent un tableau contrasté. La croissance du PIB au deuxième trimestre 2026 a surpris à la hausse, avec une progression de 0,4 % en glissement trimestriel, selon les premières estimations publiées le 30 juillet. Cette performance dépasse les attentes, témoignant d’une reprise modérée mais tangible.
En parallèle, la production industrielle de la zone euro a enregistré en juillet sa plus forte progression en près de quatre ans et demi. Toutefois, cette hausse est principalement due à l’écoulement des commandes en retard plutôt qu’à une demande accrue, ce qui tempère l’enthousiasme quant à la vigueur sous-jacente de l’activité économique.
Sur le front de l’inflation, la zone euro a vu son taux grimper légèrement à 2,9 % en juillet, contre 2,8 % en juin, restant proche de l’objectif de la BCE. Cette stabilité relative ne pousse pas la Banque centrale européenne à modifier sa politique monétaire dans l’immédiat.
En résumé, les fondamentaux européens soutiennent l’euro mais sans générer d’élan suffisant pour justifier un mouvement haussier autonome face au dollar.
Contexte global : tensions géopolitiques et marchés obligataires
Le contexte international joue également un rôle clé dans la dynamique de l’EUR/USD. Les marchés obligataires américains et européens ont connu une hausse des rendements en juillet, la plus forte depuis mars, en raison des inquiétudes liées au conflit au Moyen-Orient et de ses répercussions potentielles sur l’inflation et les taux d’intérêt.
Par ailleurs, les prix du pétrole ont poursuivi leur baisse le 3 août, après l’annonce du report par Donald Trump d’attaques prévues contre l’Iran. Cette détente sur le front géopolitique a contribué à apaiser les tensions sur les marchés, favorisant un recul du dollar, traditionnellement considéré comme une valeur refuge.
Comparaison des principales paires majeures
| Paire | Prix actuel | Mouvement % (depuis 31/07) |
|---|---|---|
| EUR/USD | 1,1535 | +0,44 % |
| GBP/USD | 1,347 | +0,37 % |
| USD/JPY | 156,68 | -2,22 % |
| USD/CAD | 1,4028 | -0,09 % |
| AUD/USD | 0,70066 | -0,16 % |
On observe que la paire USD/JPY a connu la plus forte baisse, avec un recul de plus de 2 %, illustrant la faiblesse généralisée du dollar face aux devises majeures. L’EUR/USD et le GBP/USD ont profité de cette tendance, tandis que les paires avec le dollar canadien et australien montrent des mouvements plus modestes.
Perspectives et scénarios à surveiller
Le rebond de l’EUR/USD reste fragile et dépend largement de la dynamique du dollar. Les fondamentaux européens, bien que positifs, ne suffisent pas à soutenir une hausse durable sans un affaiblissement continu du billet vert.
La semaine à venir s’annonce chargée en données économiques américaines, avec la publication des indices ISM manufacturier et services, les chiffres des offres d’emploi JOLTS, ainsi que le rapport sur l’emploi non agricole (NFP). Des indicateurs solides pourraient renforcer le dollar et inverser la tendance actuelle, tandis que des données décevantes prolongeraient la faiblesse du billet vert.
Par ailleurs, les développements géopolitiques au Moyen-Orient restent un facteur d’incertitude majeur, susceptible d’influencer la volatilité des devises et des matières premières.
Verdict final : une hausse euro-dollar portée par le dollar faible, à confirmer
| Facteur | Impact sur EUR/USD | Risque |
|---|---|---|
| Maintien des taux Fed | Affaiblissement du dollar, hausse EUR/USD | Rebond du dollar si données US fortes |
| Croissance euro modérée | Soutien limité à l’euro | Pas de catalyseur euro fort |
| Inflation stable zone euro | Politique BCE inchangée | Changement rapide possible si inflation évolue |
| Tensions géopolitiques | Volatilité accrue, dollar refuge | Escalade possible, impact imprévisible |
FAQ spécifique à l’EUR/USD cette semaine
Q1 : Pourquoi l’EUR/USD a-t-il augmenté alors que les fondamentaux européens ne sont pas très forts ?
La hausse est principalement due à une faiblesse du dollar après la réunion de la Fed, qui a maintenu ses taux, entraînant une baisse des taux réels américains et une dépréciation du billet vert.
Q2 : Quel rôle joue la Fed dans la dynamique actuelle de l’EUR/USD ?
La Fed a surpris les marchés en ne relevant pas ses taux malgré des pressions inflationnistes, ce qui a réduit les rendements réels américains et affaibli le dollar, favorisant la hausse de l’EUR/USD.
Q3 : Les indicateurs européens justifient-ils une hausse durable de l’euro ?
Les indicateurs montrent une croissance modérée et une inflation stable, ce qui ne suffit pas à soutenir une hausse autonome de l’euro sans un affaiblissement du dollar.
Q4 : Quels événements surveiller pour anticiper la prochaine évolution de l’EUR/USD ?
Les publications économiques américaines clés cette semaine (ISM, JOLTS, NFP) et les développements géopolitiques au Moyen-Orient seront déterminants pour la trajectoire de la paire.
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En conclusion, l’EUR/USD a bénéficié d’un contexte dollar faible post-Fed, mais cette dynamique reste fragile et dépendra des prochains indicateurs américains et des évolutions géopolitiques. Les traders doivent rester vigilants face à une possible inversion de tendance si le dollar se renforce à nouveau.
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